Les émotions suscitées par les films prennent leurs racines dans le même type de processus que ceux qui produisent nos émotions de tous les jours. Se pose alors la question : Comment un film qui représente un contexte fictif peut-il générer chez le spectateur de telles émotions ? A cette question, il y a certainement plusieurs réponses. L’une d’entre elles se trouve dans les œuvres que nous vous proposons de découvrir. Chacun de ces films parle de nous, de nos démons intérieurs comme de nos grands bonheurs. L’identification au cinéma n’est pas un phénomène nouveau, il est un outil qui réunit tous les publics. Ce qui est maintenant essentiel pour un festival est de reconnaître la créativité artistique dans l’élaboration de cette identification. Il en va donc du réalisateur d’aller au delà d’une uniformisation menaçante pour provoquer chez nous une réflexion sur notre individualité, sur notre rapport à l’autre et au monde. Qu’il s’agisse d’une première, deuxième ou troisième œuvre, ces 8 films sont dotés d’un regard juste et frais sur un réel qui se montre parfois difficile mais où l’espoir est permis et nous permet d’avancer.
Dans Novemberkind, road-movie qui nous rappelle l’importance de se connaître soi-même, Inga part sur les routes d’Allemagne à la recherche d’un passé dont on lui a caché l’existence. Du bruit dans la tête nous emmène à la rencontre de Laura, une jeune femme tentant de trouver le bonheur au hasard des rencontres qu’elle provoque. Dans Le ring, un jeune garçon rêve de devenir lutteur afin d’échapper à sa condition sociale et familiale. Emmanuelle Devos et Bruno Todescini, livrent tous deux, une performance bouleversante dans le film Unspoken racontant l’histoire d’un couple taisant les fantômes de son passé. Tout est parfait traite avec justesse d’un sujet tabou : le suicide des adolescents. Le
sens de la vie pour 9.99$, seul film d’animation, observe avec humour et intelligence les rapports humains. Le film énigmatique Before the burial nous montre un homme obsédé par son passé ayant pris la décision de se venger, puis de mourir. Le hasard lui permettra de rêver à nouveau. Dans le documentaire Ne me libérez pas, je m’en charge, Fabienne Godet s’entretient avec Michel Vaujour de vingt-sept ans de prison, de l’isolement, de son rapport à lui-même et aux autres.