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Concert Demarsan Légion Étrangère

Une rencontre insolite
Le poète Paul Eluard disait : « Le hasard n’existe pas, il n’y a que des rendez-vous ». C’est donc à une rencontre que nous vous convions, celle d’un grand compositeur, Eric Demarsan, et de la Musique de la Légion étrangère, régiment aux 146 nationalités. La Légion est au coeur de bien des scénarios cinématographiques, comme le film culte de Denys De La Patellière “Un taxi pour Tobrouk” marqué par la puissance des dialogues de Jacques Audiard et par l’aura des acteurs Charles Aznavour et Lino Ventura. Marieur de son, mélangeur de timbres, homme d’image, Eric Demarsan est l’auteur de plus d’une centaine de musiques de film. On lui doit notamment les bandes originales de “L'armée des Ombres” et du “Cercle Rouge” de Jean-Pierre Melville, et plus récemment de la série “Pigalle” d’Hervé Hadmar et Marc Herpoux. De ce rendez-vous insolite naît, après des heures de réécriture et de répétition, un concert unique où pourra s’exprimer toute la qualité de l’harmonie de la Légion étrangère. Le commandant Emile Lardeux dirigera ses musiciens sur les compositions les plus emblématiques de la carrière d’Eric Demarsan. En point d’orgue, sept jeunes élèves du conservatoire d’Aubagne viendront interpréter la chanson “L’oiseau” de la série “Sébastien parmi les hommes”. Ce concert inévitable et unique mettra en évidence à quel point Aubagne est ville du monde.

L’arc et le roseau
par Éric Demarsan
Et dire que tout a commencé comme dans une fable, par un arc, un roseau et une peau tendue, un tronc d’arbre évidé, qui résonnent… Par le frémissement, le souffle et l’oscillation de leurs ondes, ce trio était déjà un orchestre sans le savoir… car l’arc a enfanté tous les instruments à cordes, le roseau, tous les instruments à vent et la peau tendue et le bois, tous les instruments de percussion. La musique est le seul « langage » universel. S’il est compréhensible par tout le monde, c’est parce que ses codes sont les mêmes dans le monde entier. C’est ce qui fait sa force et sa beauté et qui fait le lien entre les hommes, à qui il ne manque que la sagesse pour goûter chaque matin tous les bonheurs du monde. Igor Stravinski comparait la musique de film à du papier peint. Il voulait dire que la musique devait supporter l’image et l’histoire, sans prendre le pas… Sans doute! Mais la musique de film, c’est aussi de la musique que l’on peut écouter avec ou sans image. Et ce qui est formidable aussi, c’est que l'on peut l’adapter à toutes les formes d’orchestre. Les mélodies et les contrechants restent les mêmes, seule l’instrumentation varie. C’est la différence entre un orchestre symphonique et une harmonie… et nous en aurons la preuve avec ce concert donné par la Musique de la Légion étrangère. Il y a eu souvent de la bataille dans l’air pour les légionnaires… Mais quand ils soufflent dans leurs instruments, c’est pour envoyer des troupes de notes à vos oreilles, les enchanter au son de leurs flûtes, qui se remplissent du champagne de la musique.

Éric Demarsan passeur d'expérience

Eric Demarsan naît à la musique à l’âge de 6 ans. Il apprend le piano avec sa grand-mère musicienne et artiste peintre, mais sa vocation artistique lui est révélée par le glissando d'un pianiste de bar à l'âge de 12 ans. Des études commerciales imposées se révélant peu fructueuses, il étudie l’harmonie, le contrepoint, la fugue et l’orchestration, notamment avec Julien Falk. Après 30 mois passés à l’armée, Eric Demarsan monte à Montmartre où il joue jusqu’à l’aube, dans les bars et cabarets de la place du Tertre. Il accompagne au piano les artistes, chanteurs et chanteuses qui s’y produisent, et se retrouve en compagnie de Bernard Dimey, (avec qui il compose plusieurs chansons, dont certaines pour Jean-Claude Pascal), Marian Kouzan, Henri Salvador et surtout Michel Magne, dont il devient l’assistant au Château d’Hérouville de 1965 à 1967. Durant cette période, il apprend à ses côtés de nombreuses techniques d’orchestration ainsi que les ficelles qui font “sonner” un orchestre. Il travaille comme orchestrateur sur plusieurs films de Michel Magne, comme la série des « Angélique marquise des anges », « Fantomas », «Mélodie en sous-sol », «OSS 117 à Bangkok », et bien d’autres, ainsi que sur la musique de certains films de François De Roubaix, qu’il orchestre, arrange et dirige, notamment « Le samouraï » de Jean- Pierre Melville. Il compose ensuite la musique de la série « Sébastien parmi les hommes », ainsi que les bandes originales d’une centaine de films, dont les premières sont celles de « L'armée des ombres » et du «Cercle rouge » de Jean Pierre Melville. Viennent ensuite «Section spéciale » de Costa Gravas, «5% de risque » de Jean Pourtalé, « Les spécialistes » de Patrice Leconte, «Roberte ce soir » de Pierre Zucca et six films de Jean-Pierre Mocky dont « L’Ibis rouge ». Dans les années 2000, il devient l’un des compositeurs préférés de Guillaume Nicloux, pour lequel il compose la musique de «Une affaire privée», «Cette femme là» et « Le concile de pierre», avant d’établir une nouvelle collaboration avec Hervé Hadmar, sur trois séries T.V. : « Les oubliées », «Pigalle, la nuit », et dernièrement «Signature». Mélodiste, arrangeur, compositeur, marieur de sons, mélangeur de timbres, homme d'images, Eric Demarsan adore ce métier qui permet à un compositeur d'écrire des scénarios musicaux en parallèle avec des histoires et des images. « Parfois, il arrive que l’on trouve le thème principal juste sur le titre du film ». C’est justement ce qui s’était passé sur le beau film d’Edouard Luntz, « L’humeur vagabonde ». Dans ses collaborations, il cherche à construire en osmose avec le réalisateur. Il aime particulièrement lorsque le metteur en scène lui « raconte » son film, ce qui lui permet de voyager dans sa tête, à la place des personnages. « Penser musique et image simultanément, comme dans une chanson, lorsque le texte et la musique sont le fruit d'une même inspiration, afin qu’elles deviennent indissociables dans la mémoire du public. Pour chaque film et chaque metteur en scène, c’est à chaque fois une aventure différente et passionnante, qui permet de plonger dans l’univers de l’autre».

Émile Lardeux

Originaire du Maine et Loire, le commandant Emile Lardeux, chef de musique militaire principal, a fait ses études musicales au conservatoire de la ville d’Angers dans la classe d’orgue d’André Isoir. Il effectue son service national à la musique de la 3° Région militaire de Rennes et s’y engage en 1980. En 1986, il réussit le concours de sous-chef de musique militaire. Poursuivant sur sa lancée, en 1988 il passe avec succès le concours de chef de musique militaire. Promu sous-lieutenant, il prend la direction de la Musique du 92° Régiment d’Infanterie de Clermont-Ferrand. En 1989, il passe lieutenant puis capitaine en 1994. Le commandant Lardeux est titulaire de la médaille d’argent de la défense nationale avec agrafe ‘‘ artillerie’’. C’est le 1er juin 2008 que lui est confié le commandement de la Musique de la Légion Étrangère.
Le commandant Emile Lardeux, chef de musique, a souhaité s’associer à ce projet pour différentes raisons. Il offre d'abord à plus d’une soixantaine de musiciens de la Légion étrangère l’opportunité de travailler avec un grand compositeur de musique de film d’une très grande générosité et avec lequel c’est un véritable plaisir de collaborer, monsieur Eric Demarsan. De plus, ce projet est un défi à relever sur un terrain qui n'est pas forcément celui sur lequel on s'attendrait à voir à l'oeuvre la Musique de la Légion étrangère: la musique de film. Enfin, il permet de découvrir un univers musical particulier avec des orchestrations faites sur mesure pour un orchestre d'harmonie, prouvant la valeur de cette phalange qui ne se cantonne pas à un répertoire de musique militaire.

La musique de la Légion Étrangère

De la Musique de la Légion étrangère, on connaît surtout sa participation aux grandes manifestations militaires. Son passage sur les Champs Elysées le 14 juillet, ouvrant le défilé de la Légion, est sans doute l'image la plus connue du grand public. La Musique de la Légion étrangère est également très demandée, en France comme à l'étranger, dans les festivals internationaux de musique militaire. Mais elle se produit aussi très fréquemment en milieu civil. A ce titre, elle peut être considérée comme l'ambassadeur de la Légion étrangère et de toute l'armée française. La variété de son répertoire et le talent de ses musiciens lui permettent de se produire dans un registre classique ou moderne très étendu. Au total, la Musique compte 65 personnels défilant : 1 officiers, 12 sous-officiers et 52 militaires du rang. La batterie de 18 musiciens comprend les tambours, les caisses claires, les cymbales, la grosse caisse, les clairons et trompettes de cavalerie et enfin les fifres. L'harmonie à 32 musiciens comprend les clarinettes, les saxophones, les trompettes et cors d'harmonie, les trombones, les basses, les barytons et les soubassophones. En formation complète, elle se produit soit en orchestre de musique classique soit en orchestre de jazz. Elle est également capable de se produire en formations plus réduites avec un quintette et un octuor de cuivre.